IVG

Comment se préparer émotionnellement à une ivg, conseils pratiques pour anticiper le jour de l’intervention

Comment se préparer émotionnellement à une ivg, conseils pratiques pour anticiper le jour de l’intervention

Comment se préparer émotionnellement à une ivg, conseils pratiques pour anticiper le jour de l’intervention

Se préparer à une IVG, ce n’est pas seulement prendre un rendez-vous et signer un consentement. C’est aussi (et souvent surtout) tout un cheminement émotionnel. Peur, soulagement, tristesse, colère, ambivalence… Il est fréquent de ressentir plusieurs choses en même temps, parfois contradictoires. Ce n’est pas un « mauvais signe », c’est humain.

Dans cet article, l’objectif est de vous donner des repères très concrets pour vous préparer émotionnellement au jour de l’intervention, que ce soit une IVG médicamenteuse ou instrumentale, en ville ou à l’hôpital.

Avant l’IVG : comprendre ce qui va se passer pour diminuer l’angoisse

L’inconnu est souvent ce qui inquiète le plus. Beaucoup de femmes décrivent « la veille de l’IVG » comme le moment le plus difficile, parfois plus que le jour J lui-même. Plus vous avez d’informations fiables, plus vous pouvez reprendre la main sur ce qui va se passer.

Voici quelques questions simples à poser au médecin, à la sage-femme ou au centre de planification :

N’hésitez pas à demander qu’on vous explique avec des mots simples, et à reformuler : « Si je comprends bien, le jour J, d’abord il se passe ça…, ensuite on fait ça…, puis je peux rentrer à telle heure… ». Cela permet de vérifier que tout est clair, y compris pour vous-même.

Si vous sentez que vous oubliez facilement ce qu’on vous dit quand vous êtes stressée, vous pouvez :

Identifier ce que vous ressentez (même si c’est flou)

« Est-ce normal de me sentir comme ça ? » est l’une des phrases que les femmes répètent le plus avant une IVG. La réponse est presque toujours oui.

Vous pouvez ressentir :

Une façon simple de mettre un peu d’ordre dans tout ça est de vous poser quelques questions très concrètes :

Vous pouvez noter vos réponses dans un carnet ou dans votre téléphone. Ce n’est pas un « journal intime parfait », mais un outil pour vous repérer. Cela peut aussi vous aider à exprimer vos besoins à un·e professionnel·le de santé : « Ce qui m’angoisse surtout, c’est… ».

Organiser le jour J pour réduire le stress

Une bonne partie du stress vient de tout ce qui entoure l’IVG : transport, travail, enfants, conjoint, parents, etc. Plus vous anticipez ces aspects pratiques, plus vous libérez de la place mentale pour gérer vos émotions.

Quelques points à préparer :

Vous pouvez aussi préparer un petit « kit jour J » :

Ce kit n’empêche pas l’IVG d’être un moment délicat, mais il vous donne la sensation d’être active dans votre préparation, et non seulement « patiente » au sens passif du terme.

Se préparer à gérer les réactions de l’entourage

Pour certaines, le plus lourd émotionnellement n’est pas l’IVG en elle-même, mais le regard (ou le silence) de l’entourage.

Avant le jour J, vous pouvez clarifier :

Il peut être utile de préparer une ou deux phrases « prêtes à l’emploi » pour poser vos limites. Par exemple :

Rappelez-vous que vous n’avez pas à vous justifier en détail, même auprès de personnes proches. Vous avez le droit de dire simplement : « C’est ma santé, c’est pris en charge par des professionnels, je préfère ne pas entrer dans les détails. »

Pendant l’intervention : garder quelques repères émotionnels

Le jour J, il est fréquent de se sentir en « pilote automatique ». C’est une façon pour le cerveau de se protéger. Cela ne veut pas dire que vous êtes insensible, ni que vous allez « tout prendre en pleine figure » plus tard obligatoirement.

Pour traverser ce moment, vous pouvez vous appuyer sur quelques repères :

Si vous vivez une IVG médicamenteuse à domicile, le même principe s’applique :

Dans tous les cas, souvenez-vous que vous pouvez à tout moment exprimer votre malaise : pleurer, dire que vous avez peur, demander une pause si c’est possible. Vous n’avez pas à « être forte » ou « ne pas déranger » l’équipe médicale.

Après l’IVG : anticiper le retour à la maison et les émotions

Beaucoup de femmes imaginent un « grand soulagement immédiat » après l’IVG. Pour certaines, c’est effectivement ce qui se produit. Pour d’autres, les jours qui suivent sont plus nuancés : fatigue, larmes, irritabilité, regrets, ou au contraire indifférence qui les surprend.

Pour vous préparer émotionnellement, vous pouvez :

Sur le plan pratique, vous pouvez aussi préparer quelques ressources pour l’après :

Si, dans les semaines qui suivent, vous sentez que vous êtes envahie en permanence par la culpabilité, des flashs, des crises d’angoisse ou au contraire par une anesthésie émotionnelle totale qui dure, il peut être utile d’en parler à un·e professionnel·le (médecin, sage-femme, psychologue). Non pas parce que « vous avez mal géré », mais parce que ce sont des signaux qui méritent un espace d’écoute spécifique.

À qui parler et comment demander de l’aide

Vous n’êtes pas obligée de traverser tout ce processus seule. En France, plusieurs types de soutien existent, parfois gratuits :

Demander de l’aide n’oblige pas à raconter toute votre vie. Vous pouvez commencer par quelques phrases très concrètes :

Vous avez également des droits en matière d’accompagnement psychologique dans le cadre du parcours IVG. Selon les structures, un entretien peut être proposé systématiquement, ou mis à disposition si vous le demandez. N’hésitez pas à interroger l’équipe sur ce point.

Et si vous hésitez encore ?

Il arrive que, même très proche du jour J, la décision reste difficile à vivre intérieurement, même si, rationnellement, elle semble la plus adaptée à votre situation. Hésiter ne veut pas forcément dire que vous devez changer de décision ; cela peut simplement signifier que le choix est lourd et important pour vous.

Quelques pistes pour vous repérer :

Si, à l’inverse, vous sentez une pression extérieure pour aller vers l’IVG alors que vous n’êtes pas d’accord intérieurement, il est essentiel de vous rappeler que la décision vous appartient. Aucune IVG ne doit être imposée. Vous avez le droit de dire : « Je ne suis pas prête », « J’ai besoin d’un délai », « Je veux parler à quelqu’un de neutre ».

Se préparer émotionnellement à une IVG, ce n’est pas chercher à ressentir « ce qu’il faut » ou à coller à l’idée que les autres se font d’une femme « qui gère bien ». C’est plutôt :

Si vous lisez ces lignes, c’est sans doute que le sujet vous touche de près. Vous avez le droit de chercher des informations, de poser des questions, de prendre le temps qu’il vous faut pour apprivoiser vos émotions. Ce temps-là fait pleinement partie du parcours d’IVG, au même titre que les rendez-vous médicaux.

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