IVG

Les mots qui blessent, l’impact du jugement social sur les personnes ayant vécu une ivg et comment s’en préserver

Les mots qui blessent, l’impact du jugement social sur les personnes ayant vécu une ivg et comment s’en préserver

Les mots qui blessent, l’impact du jugement social sur les personnes ayant vécu une ivg et comment s’en préserver

Les mots qu’on entend avant, pendant ou après une IVG peuvent faire autant de dégâts qu’un manque de soutien médical. Certaines phrases semblent « banales », parfois même dites avec de « bonnes intentions », mais laissent une trace profonde. Quand on a vécu une IVG, on se retrouve souvent face à des jugements, des sous-entendus, des maladresses… qui ajoutent une couche de douleur à une décision déjà difficile.

Dans cet article, on va voir très concrètement :

Les phrases qui font mal : reconnaître le jugement (même déguisé)

Le jugement ne se présente pas toujours sous la forme d’une insulte frontale. Il peut être :

On peut aussi recevoir des jugements « silencieux » :

Identifier que ce qu’on vit est du jugement (et non « juste toi qui exagères ») est déjà une première étape. Non, ce n’est pas normal de sortir d’un rendez-vous médical en se sentant humiliée. Non, ce n’est pas normal que quelqu’un utilise ton IVG comme argument contre toi dans une dispute. Oui, tu as le droit de dire « ça me fait mal ».

Pourquoi ça fait si mal ? L’impact réel des mots sur le vécu de l’IVG

Une IVG n’est jamais une « petite chose » dans un coin de la vie. Même quand la décision est claire, même quand on ne ressent pas de tristesse particulière, cela reste un évènement important. Les mots des autres viennent souvent s’ajouter à ce que tu traverses déjà :

Psychologiquement, le jugement social peut :

Sur le plan juridique et éthique, il est important de rappeler une chose simple : en France, l’IVG est un droit. Ni un « privilège », ni une « faute », ni un « cadeau » qu’on vous fait. Un droit. Personne n’a le droit de vous humilier ou de vous culpabiliser pour l’avoir exercé, que ce soit un professionnel de santé, un proche, un partenaire ou un inconnu.

Quand le jugement vient du corps médical : ce qui est acceptable… et ce qui ne l’est pas

La plupart des soignants font leur travail avec respect. Mais il arrive qu’on tombe sur des attitudes problématiques :

Ce que tu peux légitimement attendre d’un professionnel de santé :

En pratique, si un soignant dépasse les limites :

Se protéger, ce n’est pas « être agressive » : c’est simplement rappeler le cadre de tes droits.

Quand le jugement vient des proches : famille, couple, amis

Le plus douloureux, souvent, c’est quand les mots qui blessent viennent de personnes censées nous soutenir.

Dans le couple, on entend parfois :

Légalement, la décision d’IVG appartient à la personne enceinte. Le partenaire peut donner son avis, mais ne peut ni imposer, ni interdire. Moralement, tu as le droit de poser des limites : « J’entends que tu sois en désaccord, mais mon corps, ma décision. »

Dans la famille, les réactions peuvent être très contrastées :

Tu peux choisir ce que tu veux dire, quand et à qui. Tu n’es pas obligée d’annoncer ton IVG à tes parents, ni à tes beaux-parents, ni à quiconque, si tu sens que ça ne t’apportera rien de positif.

Dans le cercle amical, les phrases qui marquent souvent sont :

Un repère simple : si, après une conversation, tu te sens systématiquement plus mal, plus honteuse ou plus seule, ce n’est pas un soutien. Tu as le droit de réduire la place de cette personne dans ta vie, même temporairement.

Se préserver avant l’IVG : préparer son environnement

On ne peut pas contrôler les réactions des autres, mais on peut parfois les anticiper et limiter les dégâts. Avant une IVG, tu peux :

L’objectif n’est pas de s’enfermer, mais de créer une petite « bulle de sécurité » autour de toi pendant cette période.

Après l’IVG : gérer les remarques, réponses possibles

Une fois l’IVG passée, les réactions de l’entourage peuvent continuer à te toucher. Tu peux te retrouver dans plusieurs configurations :

Quelques pistes de réponses, à adapter à ta manière de parler :

Tu n’es pas obligée d’être « pédagogue » avec tout le monde. Tu peux choisir de répondre, de couper court, de changer de sujet, ou de quitter la discussion. Protéger ta santé mentale passe parfois par des gestes simples : éteindre ton téléphone, raccourcir un repas de famille, décliner une sortie.

Surmonter la honte : remettre les choses à leur place

Le jugement social finit souvent par s’infiltrer dans la façon dont on se voit soi-même. On intériorise des phrases entendues (« je suis irresponsable », « je ne mérite pas d’être mère plus tard ») alors qu’elles ne reflètent ni la réalité, ni la loi, ni ton histoire complète.

Pour remettre les choses à leur place, quelques repères peuvent aider :

Tu peux te poser quelques questions simples, par écrit si ça t’aide :

Ces questions ne changent pas le passé mais permettent souvent de déplacer le regard : du jugement vers la compréhension de soi.

Quand le poids du regard des autres devient trop lourd : demander de l’aide

Parfois, malgré toutes les stratégies de protection, le jugement laisse des traces : angoisses, cauchemars, pleurs fréquents, colère, sentiment d’être « sale » ou « indigne », difficulté à parler de sexualité ou de maternité. Dans ces situations, il peut être utile de ne pas rester seule.

Plusieurs types de soutien existent :

Demander de l’aide ne signifie pas que tu es « fragile » ou que tu as « mal géré » ton IVG. Cela signifie simplement que tu prends soin de toi, après avoir traversé un évènement important.

Se reconstruire à son rythme : se réapproprier son histoire

À un moment, la question n’est plus seulement : « Comment éviter les jugements ? », mais aussi : « Comment vivre avec cette expérience sans qu’elle me définisse entièrement ? »

Quelques pistes qui peuvent aider :

Les mots qui blessent existent, et on ne les contrôlera jamais totalement. En revanche, il est possible de renforcer progressivement ce qui te protège : la connaissance de tes droits, la clarté sur tes raisons, des phrases « bouclier » sous la main, des alliés bien choisis, et, si besoin, un soutien professionnel.

Tu n’as pas à te justifier d’avoir exercé un droit. Tu as le droit de te protéger, de poser des limites, de demander du respect. Et surtout, tu as le droit de vivre après une IVG sans que le regard des autres dicte ta valeur, ton avenir ou ta capacité à être, un jour, la mère, la compagne, la femme que tu souhaites être.

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