IVG

Parler de son ivg à ses proches, stratégies pour se sentir en sécurité et poser ses limites

Parler de son ivg à ses proches, stratégies pour se sentir en sécurité et poser ses limites

Parler de son ivg à ses proches, stratégies pour se sentir en sécurité et poser ses limites

Parler de son IVG à ses proches peut être apaisant… ou très anxiogène. Beaucoup de femmes me disent : « J’ai peur de leur réaction », « Je ne sais pas si j’ai envie d’en parler », « Et si on me juge ? ». Cet article a pour objectif de vous aider à faire vos choix en connaissance de cause : à qui en parler, comment, dans quelles limites, et comment vous protéger si la discussion dérape.

Rappel important : vous n’êtes obligée de rien

Avant de parler de stratégies, un point juridique et pratique : vous n’avez aucune obligation de parler de votre IVG à vos proches.

En France, l’IVG est un acte médical protégé par le secret professionnel. Cela signifie que :

Autrement dit : parler de votre IVG est un choix, pas une obligation morale ni légale. Vous avez le droit de :

À partir de là, l’objectif n’est pas de décider à votre place, mais de vous donner des outils pour que, si vous choisissez d’en parler, ce soit dans les meilleures conditions possibles pour vous.

Avant d’en parler : clarifier ce que vous attendez (et ce que vous refusez)

Avant de composer le numéro de votre meilleure amie ou d’annoncer quelque chose à vos parents, prenez un petit temps pour vous poser quelques questions simples. Cela peut vous éviter de vous retrouver coincée dans une discussion que vous ne vouliez pas avoir.

Demandez-vous par exemple :

Vous pouvez même écrire ces éléments sur une feuille ou dans votre téléphone. Cela vous aidera à formuler les choses plus clairement au moment de parler, par exemple :

Prendre ce temps en amont, c’est déjà commencer à poser vos limites.

Choisir à qui en parler : cartographier votre entourage

Tout le monde n’est pas obligé de tout savoir, et tout le monde n’est pas forcément la bonne personne pour vous à ce moment-là. Il peut être utile de « cartographier » rapidement votre entourage.

Posez-vous ces questions :

À partir de là, vous pouvez distinguer plusieurs cercles :

Vous pouvez décider, par exemple, de :

Autorisez-vous à être stratégique : ce n’est pas mentir ou trahir, c’est vous protéger.

Préparer ce que vous allez dire : des formulations possibles

On peut avoir très envie de parler, mais rester bloquée sur les premiers mots. Voici quelques pistes concrètes, à adapter à votre manière de parler et à votre histoire.

Pour annoncer l’IVG sans entrer dans les détails

Pour préciser votre besoin de soutien (émotionnel ou pratique)

Pour fixer une limite dès le départ

N’hésitez pas à préparer cette phrase d’ouverture à l’avance, à la répéter mentalement ou à l’écrire. Vous pouvez aussi envoyer un message écrit si l’oral vous semble trop difficile au début.

Pendant la discussion : comment poser (et faire respecter) vos limites

Poser des limites, ce n’est pas être agressive, c’est protéger votre espace intérieur. Vous avez le droit d’interrompre une discussion, de refuser certaines questions ou de rappeler vos besoins, y compris avec des personnes très proches.

Voici quelques phrases « prêt-à-l’emploi » qui peuvent vous aider :

Si la personne pose des questions intrusives

Si la personne juge ou culpabilise

Si la discussion devient trop lourde pour vous

Rappelez-vous : vous n’avez pas à vous justifier pendant des heures. Expliquer une fois votre position suffit. Au-delà, ce n’est plus de l’échange, c’est de la pression.

Et si la réaction est mauvaise (ou violente) ?

Malgré toutes les précautions, il est possible que certaines réactions soient très douloureuses : reproches, chantage affectif, hurlements, insultes, voire menace de rompre un lien (amoureux, familial, amical).

Dans ce cas, l’enjeu prioritaire devient votre sécurité, psychique et parfois physique.

Si la personne devient agressive verbalement

Si vous craignez une réaction violente (physique ou matérielle) – par exemple de la part d’un partenaire ou d’un parent dont vous dépendez – il peut être plus prudent de :

Si des propos dépassent les limites (violence, menace, chantage), vous pouvez aussi :

Protéger votre santé mentale et physique passe avant le fait d’« être honnête » avec tout le monde. Vous avez le droit de garder des choses pour vous si en parler vous mettrait en danger.

Se préparer aussi à des réactions positives

Beaucoup de femmes s’attendent au pire… et sont, parfois, agréablement surprises. Vous pouvez aussi rencontrer :

Ces réactions positives peuvent être très réparatrices. Elles montrent qu’il est possible de parler d’IVG sans tabou ni drame permanent. Parfois, le simple fait d’avoir dit « j’ai besoin de toi » permet à l’autre de savoir quoi faire, alors qu’il ou elle se sentait aussi maladroit·e que vous.

Si vous recevez ce type de soutien, n’hésitez pas à :

Après l’IVG : ajuster ce que vous partagez au fil du temps

Votre besoin de parler peut évoluer. Juste après l’IVG, vous pouvez par exemple avoir envie de silence, de repli, de séries et de plaids. Quelques semaines plus tard, le besoin de mettre des mots ou de revenir sur ce qui s’est passé peut apparaître.

Il est tout à fait possible de :

Vous pouvez aussi ressentir de la colère contre certaines réactions, même longtemps après. Si une remarque vous a blessée, il est possible d’en reparler plus tard :

Votre expérience de l’IVG fait partie de votre histoire, mais elle ne vous résume pas. Vous avez le droit de choisir à quel point elle entre – ou non – dans vos conversations au quotidien.

Où trouver du soutien en dehors des proches ?

Parfois, l’entourage ne suffit pas, ou n’est pas disponible, ou n’est pas sécurisant. Dans ces cas-là, il est possible de s’appuyer sur d’autres ressources.

Parmi elles :

Ces espaces ont un avantage : ils ne font pas partie de votre cercle intime. Vous pouvez y déposer ce que vous ne vous sentez pas prête à dire à vos proches, ou tester des formulations, réfléchir à « comment en parler chez vous » avec l’aide d’un tiers.

Que vous choisissiez de parler beaucoup, un peu, ou pas du tout de votre IVG à vos proches, l’essentiel est que la décision vienne de vous, à votre rythme, en respectant vos propres limites. Votre histoire vous appartient. Vous avez le droit d’en disposer, y compris dans la façon dont vous la racontez – ou dont vous choisissez de ne pas la raconter.

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